Photo de couverture du spectacle Le Magicien d'OZ

La poupée

Cours de mise en scène (UQAM) | performance

L’objectif de l’exercice était de diriger individuellement une répétition et proposer une mise en espace d’un extrait de Marie Stuart. L’exercice visait à évaluer la capacité à communiquer une vision, à structurer un temps de répétition, à diriger des interprètes et à faire des choix scéniques cohérents. Nous disposions de 45 minutes pour répéter. La présentation devait être d’une durée d’environs 5 à 7 minutes.

J’ai donc choisi, pour ce travail, d’explorer le personnage de Mortimer. C’est un personnage inventé par Schiller, créé pour ajouter de la tension dramatique. Ce qui m’intéresse, c’est à quel point il est utilisé et manipulé par Élisabeth, tout comme par Marie Stuart, comme une potentielle solution à leurs troubles. J’ai envie de représenter les troubles qui habitent les deux femmes et de les montrer comme des miroirs l’une de l’autre.

J’ai donc écrit une version extrêmement simplifiée et coupée de l’acte I et de l’acte II, dans le but de contextualiser ces deux femmes troublées et ce qui les a poussés à utiliser Mortimer. L’acte I montre une Marie Stuart au bord de la condamnation à mort ; l’acte II présente une Élisabeth prise dans un brouhaha politique. J’ai ensuite décidé de présenter, presque telles quelles, les scènes 5 et 6 de l’acte II afin d’aller un peu plus en profondeur dans la psychologie de Mortimer. Mon but n’est pas de glorifier ou de démoniser les reines, mais bien de présenter un contexte qui pousse à la manipulation.

Tout au long de la présentation, j’ai envie qu’il y ait la présence d’une foule, symbole de pression et moteur de l’action chez tous les personnages. C’est une foule qui observe, juge, éblouit, dérange, etc.

Le visuel et le sonore sont très importants pour moi ; j’ai donc beaucoup travaillé sur une conception audio et lumière, ainsi que sur un début d’esthétique scénographique (par le noir et blanc, par le maquillage, etc.) pour accompagner mon propos.

Les retours que j’ai reçus ont été très positifs, ma note finale étant de 95%. Voici les commentaires de Solène Paré :

  • Présence et engagement (15 / 15)
    Incarnation forte de Leicester. Adresses maîtrisées, ruptures justes et engagement constant. Beau risque artistique dans le rapport frontal au public.
  • Pertinence de la proposition (37 / 40)
    Proposition solide et bien ancrée dans les thèmes de Marie Stuart et les faits historiques entourant la pièce. Le dispositif (Élisabeth/poupée) est percutant et sert efficacement l’idée d’un désir transformé en domination politique. Choix artistiques clairs et assumés. J'aurais toutefois souhaité quelques lignes sur le rapport au public.
  • Cohérence intention / proposition (43 / 45)
    La performance reflète l’intention dramaturgique annoncée. Structure claire, progression fluide et finale efficace adressée au public. Matériau scénique pertinent et bien intégré.
  • Bravo ! Pistes pour la suite : - Préciser le rapport au public et l'articulation de son évolution : Leicester savait-il que nous étions présents avant de s'adresser à nous en fin de performance ? - Explorer davantage le rapport de voyeurisme, soit par la disposition scène/salle, soit par un regard médiatisé (caméra, projections).

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